Préambule

Après 6 ans de silence sur ce blogue, le marmotte sort de sa tanière.

L’un de mes désirs pendant ce voyage était d’écrire. Je m’étais dit que j’espérais écrire un roman, mais je n’ai pas le courage de commencer. Finalement, je crois que je vais m’incliner devant ce projet ambitieux…

Pourtant, écrire me détend et me permet d’exprimer ma créativité; c’est mon petit côté givré. Je ne me perçois pas comme une artiste en soi. Néanmoins, quand j’écris en jouant avec les idées et avec les mots, je me sens « artiste ». J’ai l’impression de vivre, de me laisser découvrir, de me mettre à nu. Il y a quelque chose d’excitant là-dedans, c’est valorisant et intimidant à la fois.

Quoi qu’il en soit, on s’assume davantage à 45 ans. C’est la beauté de vieillir. Alors, « qui m’aime, me lise ». Je vais écrire. J’écrirai spontanément quand le cœur me le dira et que l’inspiration sera au rendez-vous. Pas de plan, pas d’échéance, pas d’idées obligatoires à passer, juste moi et un thème sur lequel j’ai le goût de partager mes réflexions, bien humblement.  Ça requiert une certaine dose de courage. Je m’expose au jugement (dits ou non-dits), mais… je me recentre sur ceci :

-si vous êtes sur cette page, c’est parce que vous avez envie de suivre notre aventure;

-si vous êtes sur cette page, c’est que vous faites partie, sans doute, de notre cercle d’amis et/ou de famille;

donc, je me sens libre d’être moi-même, avec vous.

Sur ce, bonne lecture!

En 2011, c’était notre premier grand voyage autour du monde ! Nous l’avons vécu avec Sarah-Ève qui avait 10 ans à l’époque. Nous voici en 2022, 11 ans plus tard, avec Marianne qui n’existait pas encore lors de notre première aventure. Elle est née en 2014.  Après la Californie en septembre, nous avons posé nos bagages en République dominicaine pour 5 semaines. Marianne nous suit fidèlement et naturellement comme une petite fille de 8 ans qui suit ses parents sans trop se poser de questions. Je prends de plus en plus conscience du cadeau que nous nous offrons ensemble : du temps. Ici, j’ai le temps d’observer ma fille, de l’écouter, de jouer et de discuter avec elle, de l’éduquer à mon goût. J’ai le temps de faire de la discipline, d’être constante et cohérente sans me sentir coupable de « ternir » le peu de temps que nous avons ensemble par des chicanes ou des réprimandes.

Dans la vie effrénée dans laquelle nous courrons presque tous 15 hrs/ 24 hrs, les moments réellement consacrés à Marianne étaient moins nombreux. J’entends ici où j’avais le cœur totalement ouvert. Vous savez… un temps de qualité lors duquel nous sommes entièrement présents à l’autre sans faire une tâche en même temps, sans penser à autre chose, sans ressentir l’impatience de passer à la prochaine étape. Les besoins des enfants sont différents de ceux des adultes, bien entendu. Ces derniers n’ont pas besoin de préparer le souper, de planifier le transport, de faire le lavage, etc. Ils veulent jouer, ils veulent être écoutés, ils veulent nous montrer des choses, nous parler, ils veulent être rassurés. Être là pour eux requiert du TEMPS et de la patience, ce que nous n’avons pas toujours. En tout cas, pas moi…malheureusement ☹

Ici, en République dominicaine, je constate que ces moments où je prends le temps d’être totalement présente à Marianne me nourrissent et ils enrichissent notre relation. Lorsqu’elle descend l’autobus et me montre les bracelets qu’elle a confectionnés à l’école, je prends le TEMPS de les regarder attentivement, de l’écouter me raconter. Lorsque je saisis l’occasion de jouer avec elle en sautant par-dessus les vagues, notre complicité m’émeut. Lorsqu’elle a été malade en pleine nuit à cause d’une intoxication alimentaire et que je l’ai rassurée en lui caressant les cheveux pendant une heure et demie sans me répéter: « ouf, je serai fatiguée demain au travail », je me sens tellement plus humaine. Quand je lui donne une « conséquence » parce qu’elle a été impolie ou irrespectueuse, je ne me livre pas ce combat intérieur : « ai-je vraiment l’énergie d’assumer ma conséquence? » Je sais que j’ai l’énergie et le temps d’être ferme et constante. Je sens que c’est moi qui éduque ma fille et non, l’école ou les amis ou la télévision! Je suis là, je sers de modèle toutes les heures du jour, j’incarne les balises découlant de nos valeurs familiales et je les maintiens. C’est gratifiant, car j’ai le sentiment d’être une mère « entière » et non pas, à temps partiel, souvent trop fatiguée ou à la course. Cette relation qui s’approfondit petit à petit entre Marianne et moi aura inévitablement des effets bénéfiques à long terme et pour cela, ça vaut de l’or !

En terminant, je prends le temps de vous parler d’un livre que j’ai lu depuis notre départ. Avant de quitter pour un an, je me suis posé longtemps la question : « quels livres vais-je apporter »? Évidemment, j’avais l’option des livres électroniques sur ma tablette. Mais, mon côté traditionnel me poussait à apporter des livres, en papier ! Tourner les pages d’un livre; j’adore ! Annoter en marge, j’adore ! Laisser mon livre dans une auberge en sachant qu’on inconnu le lira, j’adore ! Bref, pour toutes ces raisons, j’ai réfléchi à quels livres j’accorderais cette précieuse place dans ma valise, d’autant plus que chaque lbs était minutieusement comptée. L’un de mes choix s’est arrêté sur le livre de Marie Portelance : Inspirer le respect et le transmettre; le défi éducationnel du siècle, les éditions du CRAM, 2010. J’avais reçu ce livre en cadeau à la naissance de Marianne, mais je n’avais jamais eu le temps de lire. J’attendais le bon moment. Cette fois-ci était le bon. À tous les parents qui lisent ce texte, je vous le recommande si cette question vous préoccupe : « Comment inspirer le respect et le transmettre à mes enfants ? », car le respect ne s’impose pas. Il s’attire.

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2 Responses to “Deuxième tour du monde, celui-ci avec Marianne”

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