Un peu plus de six mois pile que nous sommes partis (1er septembre 2022 au 12 mars 2023). Nous sommes à la moitié de notre périple, celui que nous planifiions depuis plus de 10 ans. Nous avons vu la Californie, la République dominicaine, le Mexique, le Népal et le Sri Lanka. Nous reste à visiter les Philippines, la Jordanie, Israël, la Turquie et la France. Cinq pays derrière nous, cinq devant.

Dernièrement, Marianne nous lançait un défi : « Est-ce que chacun pourrait nommer trois choses qui lui manquent du Québec? ». Nous nous sommes prêtés à l’exercice. Je me suis rendu compte qu’il était facile, je dirais plutôt difficile de ne nommer « que trois choses ». Je m’ennuie parfois de ma terre natale. Après six mois de nomadisme, nous oscillons entre l’émerveillement et le mal du pays. Normal ? Je ne sais pas. Mais, ce qui est sûre pour moi, c’est que je me sens coupable:

– lorsque je peux manger de la nourriture sri lankaise, mais que j’ai le goût d’une pizza;

-si j’achète du beurre d’arachides ou du vin hors de prix dans les pays d’Asie;

-lorsque je suis en train de faire du snorkeling et que je pense au ski de fond;

-lorsque je passe une journée à l’hôtel à écrire des messages à mes amies sur Messenger, à téléphoner à mes parents en vidéo plutôt que de visiter le pays où je me trouve.

Lorsque ce sentiment de culpabilité ou la nostalgie du Québec me prend, je me répète : Profite ! Sois là dans le moment présent et apprécie ce que la vie t’offre !

Au fond de moi, je suis consciente de mon opportunité actuelle. Je sais pertinemment que j’aurai bien le temps de savourer toutes les petites joies, tous les « acquis » de mon quotidien québécois dès notre retour, et ce, chaque jour des prochaines années.

Mais, je dois avouer humblement que mes amis et ma famille me manquent. Mes soirées cinéma me manquent. La nourriture que contenait mon frigo ou les vêtements qui remplissaient ma garde-robe me manquent. Mes rendez-vous chez la coiffeuse me manquent. Bref, toutes ces personnes et ces choses dont on ne se rend plus compte, mais qui font une différence dans nos vies, qui la rendent plus facile, plus naturelle, plus belle!

Ici, je vis une tout autre expérience. Je carbure à la nouveauté, à la découverte, à l’ouverture sur le monde, au respect des différences. J’ai le temps de vivre, d’aimer, d’apprécier, d’être ! Je dois me le rappeler… certains jours. Mais, après six mois loin des miens, j’ai compris que je ne serais pas faite pour vivre à l’étranger. Depuis longtemps, Jeff et moi nous questionnions : « serions-nous heureux de devenir des expatriés à long terme ? » Je peux maintenant répondre que je préfère ma vie, au Québec, dans la neige, avec le travail et les tâches quotidiennes. Vous me direz : « Quoi ? Tu es folle? »  Pas du tout parce que les relations ainsi que les liens d’amour et d’amitié que j’ai construits depuis longtemps au Québec sont trop importants pour moi et je souhaite continuer à les nourrir régulièrement, en vrai…pas seulement par des messages sur Messenger, des appels vidéo ou des cartes postales qui arrivent 2 mois plus tard !

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4 Responses to “Être là et maintenant…surtout apprécier”

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